NOTRE TUNISIE

HISTOIRE DE CARTHAGE

1 -Fondation de Carthage :

- Le mythe de la fondation :

L’historiographie classique est presque unanime sur la légende de la fondation de Carthage, selon laquelle Elyssa était une princesse tyrienne, épouse d’Acherbas grand prêtre du dieu Melqart et en même temps son oncle maternel. Son frère Pygmalion qui succéda à son père n’hésita pas à tuer son beau frère pour s’emparer de ses richesses.
Elyssa craignant de subir le même sort, s’enfuit avec ses partisans. Après un long voyage, qui valut à l’héroïne le surnom de Dido (l’errante), elle atteignait les côtes de la Tunisie actuelle où elle décida de s’installer.

A cet effet elle détourna les coutumes locales qui interdisaient aux étrangers l’acquisition de terrains dépassant la superficie d’une peau de bœuf qu’elle découpa en fines lanières. Cette ruse lui permit l’achat d’un espace plus étendu que prévu : ce qui explique peut être le nom donné à la colline de Carthage : Byrsa désigne en grec une peau d’animal traitée. Ainsi, fut fondée Qarthadasht (Carthage) ville neuve en langue Phénicienne.
Le roi de Libyens, Hiarbas, ébloui par la beauté et l’intelligence de la princesse, voulut l’épouser. Plutôt que d’être infidèle à son mari, elle décida d’accomplir une cérémonie expiatoire et monta elle même sur le bûcher qu’elle avait allumé et se jeta dans le feu. Ce geste lui valut d’être honorée comme divinité.

- La réalité de la fondation entre l’histoire et l’archéologie :

Selon les sources anciennes, Carthage fut fondée vers la fin du IX eme siècle av.J.-C. Pour Velleius Paterculus, historien latin du I er siècle av. J.-C. Cette fondation a précédé celle de Rome de soixante cinq ans.
Quant à Timée le Sicilien, d’après le témoignage d’Halicarnasse, Carthage fut fondée trente –huit ans avant la première olympiade correspondant ainsi à l’année 814 av.J.-C.
De son côté, Ménandre d’Ephèse, citait un document tyrien, qui plaçait la fondation de Carthage dans la septième année du règne de Pygmalion.
Cette date traditionnelle fût confirmée par les résultats des prospections et les fouilles menées par la mission allemande à la fin des années soixante dix dans le cadre de la campagne internationale de Carthage organisée par l’UNESCO à partir de 1972. Aussi a –t-on découvert des vestiges d’habitat archaïque datant de la première moitié du VIII av. J.-C dans la partie basse du site et non pas sur la colline de Byrsa où les archéologues français, et toujours dans le même cadre, ont découvert des témoignages d’une activité artisanale et métallurgique de la même période.

2- Les institutions politiques et administratives :

D’après Aristote, les principales institutions politiques de Carthage étaient l’assemblée du peuple, le Sénat, le Sufétat et la cours des Cent quatre.
L’assemblée du peuple est ouverte en principe à tous les citoyens. L’accès aux instances était électif. : La richesse, la compétence, la liberté, l’âge et la culture sont les critères exigés tant pour les candidats que pour les électeurs .

-Le sénat :

Le sénat avait de très larges attributions ; toutes les questions politiques étaient de son ressort : il décidait de la guerre et de la paix ; il lui appartenait de négocier avec les états étrangers, de signer des accords de coopération et de bon voisinage. En cas de graves délits politiques, le Sénat pouvait s’ériger en tribunal. Il avait également latitude de faire instruire et d’examiner certains dossiers relatifs à la vie économique et sociale.

-L’assemblée du peuple :

Seuls les Carthaginois qui pouvaient tirer avantage de la citoyenneté avaient le droit de siéger et de participer aux délibérations de ce corps populaire.
Pour se réunir, l’Assemblée du peuple devait être convoquée par les sufètes, mais à l’occasion des crises graves, elle pouvait spontanément se réunir et délibérer. D’autres prérogatives lui ont été confiées, dont le droit d’élire des magistrats, notamment les généraux.

-Le Sufétat :

Le sufétat est la magistrature la plus haute chez les Puniques. Les suffètes étaient élus pour un an par l’Assemblée du peuple. Ils avaient des prérogatives politiques, militaires, judiciaires et sans doute religieuses. Ils réunissaient les assemblées, les présidaient et leurs présentaient les dossiers et intervenaient dans les débats.

-L’armée :

« Carthage n’à d’armée qu’en temps de guerre » Stéphane Gsell, H.A.A.N.
En effet, la majorité de ses armées, était licenciée à la fin des conflits.
À l’époque archaïque, cette armée était formée de citoyens carthaginois mais les Magonides( dynastie qui a gouvernée Carthage entre la seconde moitié du VIe s. et IVe s. av. J.-C.) introduisirent les mercenaires
Aux temps des barcides (dynastie qui a gouverné Carthage entre le IIIe s. et la première moitié du IIe s. av. J.-C), aucun citoyen carthaginois n’est recruté dans les armées d’outre mer.
Carthage était dotée de flottes maritimes, bien équipées et expérimentées, qui avaient participé à plusieurs guerres, notamment, celles de Sicile contre les grecs d’Occident, et aux guerres puniques.

3- Les guerres puniques :

Les Carthaginois étaient présents au sud de l’Espagne, dans toutes les îles de la Méditerranée (Sicile, Sardaigne, Baléares, Malte) et contrôlaient un vaste territoire africain : les ports de la grande Syrte (Leptis Magna, Sabratha…), de nombreux comptoirs le long des côtes algériennes et marocaines, ainsi, que la majeure partie des terres fertiles de l’actuelle Tunisie (Sahel, Grandes Plaines et Cap Bon).A la même époque, Rome venait à peine d’achever la soumission de la péninsule italienne.
Avec ses sujets, ses alliés et surtout ses mercenaires, l’armée Carthaginoise, était inférieure à celle de Rome. En revanche elle possède une flotte importante et rapide, ainsi qu’une tactique efficace, qui fait usage de la redoutable cavalerie et des éléphants.

- La première guerre punique :

Entre Rome et Carthage existait des rapports d’amitié et d’alliance sanctionnés par plusieurs traités : en 508, 348, 306 av.J.-C ….
-A la fin du IV eme dix ans avaient été nécessaires pour écarter la menace du tyran Agathocle de Syracuse, qui porta la guerre jusqu’à Carthage
-En 280 av.J.-C, Pyrrhus tentait de sauver l’Hellénisme en Italie et en Sicile. Carthage avait conclu un nouveau traité avec Rome et deux ans plus tard l’invasion était réprimée.
-En 264 av.J.-C, les Romains qui passaient en Sicile pour secourir les habitants de Messine cherchaient en réalité à chasser les Carthaginois de l’île entière. Ce fut l’origine du déclenchement d’un conflit d’une ampleur exceptionnelle : la première guerre romano-punique.

-La deuxième guerre punique :

-En 226 av.J.-C, Hasdrubal, qui venait de fonder la colonie de Carthago Nova, adopta une politique plus prudente avec les Romains en signant avec eux un accord.
-En Mai 218 av.J.-C, Hannibal prenait la route des Pyrénées en direction de l’Italie avec cinquante milles fantassins, cinq milles cavaliers et trente –sept éléphants. Il comptait surprendre les Romains par les Alpes.
-A partir de 204 av.J.-C, la guerre est portée en Afrique qui était alors divisée en trois parties d’Ouest en Est : le royaume des Maures et les deux royaumes numides : celui des masaesyles et celui des Massyles avec à sa tête le roi Massinissa qui s’alliait avec les romains contre Carthage.
-Scipion débarqua à Utique et remporta une série de victoires jusqu’à la bataille de Zama en 202, où il écrasa Hannibal.

-La troisième guerre punique :

Pendant un demi-siècle, Massinissa ne cessa d’empiéter sur le territoire de Carthage.
A partir de 167 av J.-C, Rome lui permet d’annexer des territoires carthaginois pour le récompenser de son soutien pendant la guerre contre la Macédoine.
En 151 av.J.-C , Carthage décida de s’opposer par les armes aux agressions numides, Rome déclara alors la guerre.
En 147 av.J.-C, L. Hostilius Mancinus, pénètre une première fois dans les jardins de Mégara (région de Carthage). Scipion Emilien réussit au printemps 146 à prendre possession du port circulaire, puis s’empare de la ville basse et finira par occuper la citadelle de Byrsa. Quant au sol de la cité, il fût déclaré « maudit ».

4- La ville de Carthage et ses composantes urbaines:

Le choix de l’installation du site a été essentiellement déterminé par sa situation favorable du point de vue commercial et défensif. En effet, la ville s’est installée dans une péninsule, se trouvant sur le côté méridional du détroit qui assure la passage entre les deux bassins de la méditerranée : un choix réfléchi pour contrôler la navigation.
Carthage est aujourd’hui située à une dizaine de kilomètres au Nord-Est de Tunis et s’étend au centre d’une presqu’île délimitée par la Marsa au Nord, la Goulette au Sud, Sidi Bou Said sur le cap Nord-Est. Elle s’est développée sur le rivage du golfe de Tunis, face à la presqu’île du Cap Bon.

5-Le tissu urbain :

L’urbanisme de Carthage a été commandé et s’est adapté au terrain escarpé ainsi qu’aux orientations diverses des lignes de pente. Toutefois, sur le flanc Sud-Est de la colline, les rues rectilignes se coupent à angle droit déterminant ainsi des îlots rectangulaires orientés NO-SE.

L’enceinte :

La présence d’une muraille est largement attestée par les auteurs anciens qui fournissent de précieuses indications sur le parcours de l’enceinte, son périmètre, la hauteur des murs, leurs épaisseurs, leur disposition, les aménagements, les matériaux utilisées…
Justin, historien romain du II eme, précise que vers le milieu du VI eme av.J.-C, le rebelle Malchus n’a pu entrer dans la ville qu’après l’avoir assiégée.
Strabon, historien et géographe grec (64 av.J.-C –24 ap J.-C), indique que dans les derniers temps de la ville punique, les remparts contenaient des écuries pour loger des éléphants. Il donne aussi un chiffre très exagéré pour le développement total de l’enceinte (360 stades : prés de 64 km). Tite-Live, historien romain (64 av.J.-C –17 ap.J.-C), Quant à lui il indique le chiffre de 22 ou 23 milles.
Selon Appien, historien grec (95 ap.J.-C – 160 ap.J.-C), Scipion devenu maître de l’isthme entier, creusa, de la mer à la mer, un fossé long de vingt-cinq stades (4400 mètres), qui était à portée de tir de l’ennemi, c’est à dire les fortifications de la ville, où ces derniers étaient alors enfermés.
Les fouilles archéologiques de Carthage ont permis le repérage d’une partie des vestiges des remparts qui ne cédèrent qu’à l’assaut de Scipion Emilien entre la baie du Kram et Bordj Jedid. D’importants vestiges en grosses pierres de taille sont bien visibles, soit à fleur d’eau, soit en profondeur.
Par ailleurs, d’autres fouilles, menées par les membres de la mission allemande dans le quartier dit de « Magon », ont mis au jour des vestiges qui appartiennent à la muraille punique, le long de la mer. Ils sont datables de la fin du VI av.J.-C ou du début du Veme av.J.-C. Les blocs de fondation sont taillés dans du grés et se distinguent par leur très grande taille .

Les rues :

Au pied de la colline de Byrsa, la fouille permit la mise au jour d’un très beau quartier d’habitation, où la disposition des rues devient radiale sans exclure l’orthogonalité des intersections. Les rues ont une largeur moyenne de 6,50 m à 7 m. Elles sont des simples chaussées en terre battue, interrompues parfois par des marches et ne comportaient pas d’égouts. Dans le secteur Magon, au bord du rivage, les rues n’avaient qu’une largeur de 3 m. Mais la grande rue qui se dirige vers la Porte de la mer est plus large et atteint 9m.

Les ports :

A l’extrémité sud-est de la plaine littorale qui abrite une petite rade, se trouvent les deux ports de Carthage, situés à l’intérieur des terres et constituent aujourd’hui deux lagunes.
Grâce à plusieurs textes anciens et aux fouilles archéologiques la restitution du fonctionnement de ces ports a été ainsi possible:
-La lagune circulaire : Les investigations des archéologues britanniques ont pu identifier cette lagune comme un port militaire. Datant du II e s. av. J.-C, ce port comprend en son centre un îlot qui devait abriter le pavillon de l’amiral chargé de contrôler les mouvements de la flotte.
-La lagune oblongue : Ce bassin est attribué par l’historiographie antique au port commercial. De ce port marchand, une mission américaine a retrouvé une portion du quai ouest. Les structures les plus anciennes de ce quai datent de la deuxième moitié du III eme siècle av. J.-C. Ce port a du subir des remaniements à l’époque romaine qui ont fait de son plan rectangulaire initial un plan hexagonal.

Le tophet :

On désigne par ce terme une aire sacrificielle où les carthaginois offraient des sacrifices et érigeaient des stèles commémoratives. Cet espace devrait faire environ un hectare de superficie à sa plus grande période d’occupation au III eme av.J.-C.
Découvert d’une manière fortuite en 1921, il connut des fouilles qui se sont succédées entre 1923-1979, le tophet apparaît comme un sanctuaire de type cananéen. De point de vue morphologique, il se présente comme une aire sacrée à ciel ouvert qui abrite plusieurs milliers d’urnes funéraires contenant des cendres de jeunes enfants et d’animaux. Ces urnes sont entassées sur plusieurs niveaux successifs, les plus anciennes se trouvant dans les niveaux inférieurs. Les fouilleurs ont pu attribuer les couches les plus anciennes au milieu du VIII eme av.J.-C. Les dernières dépositions appartiendraient au milieu du II eme av J.-C. , date de la fin de Carthage punique.

Les nécropoles :

Les zones où les sépultures carthaginoises ont été repérées forment un croissant dont l’ouverture est tournée vers la mer. Elles se situent autour et dans les flancs des collines de Byrsa, Junon et Dermech, ainsi que dans les profondeurs du plateau de Douimés. C’est la où les plus anciennes tombes ont été reconnues. Elles datent de la période archaïque (VIII eme au V eme siècles av J.-C).
Cependant, à cause de l’explosion démographique qu’a connu la ville de Carthage, à Partir du IV eme siècle av. J.-C, les carthaginois ont décidé d’affecter d’autres terrains à leurs nécropoles : de nouveau, les tombes s’étalent en croissant dont la concavité continue à s’ouvrir sur la mer : Ce sont désormais les collines dites du théâtre, de l’Odéon et de Sainte – Monique qui sont exploitées à cet effet.
Plus prés des rivages, les tombes des derniers siècles de la métropole punique occupent Ard-el-Khéraib. Elles correspondent à a période classique (fin du V eme –146 av.J.-C)
Concernant la typologie des sépultures, elles se répartissent en deux grandes catégories : la fosse simple ou construite et le puits qui peut dans certains cas atteindre 30 mètre de profondeur.
Les chambres sépulcrales sont creusées dans l’épaisseur des parois. Quand il s’agissait d’un caveau collectif, plusieurs pièces pouvaient y être étagées ou affrontées et sont munies de niches, de banquettes, d’auges ou de sarcophages.

6- La religion :

Les divinités puniques comme les divinités sémitiques d’une façon générale, sont pourvues d ‘une nature fort complexe. Elles peuvent avoir de multiples fonctions dans l’univers sacré des Carthaginois.

Baal Hammoun:

Baal Hammoun fût parmi les dieux officiels de Carthage. En Orient, son culte est attesté par les amulettes provenant de la région de Tyr, les dédicaces et les anthroponymes. En occident, Baal Hamon est invoqué sur presque toutes les stèles inscrites qui proviennent des champs d’urnes liés aux sacrifices aussi bien à Malte, Carthage, Hadrumète, la Sicile et Sardaigne.
A Carthage, des œuvres d’époque punique récente (III-II av J.-C) ont été souvent retrouvées. Elles représentent un dieu barbu, coiffé d’un bonnet pointu, assis sur un trône et flanqué parfois de deux sphinx ; il lève sa main droite ouverte. La main gauche tenant une hache.

Tanit :

Tanit était la divinité principale de Carthage, du moins au temps des puniques. Les témoignages sont des milliers de textes échelonnés sur deux ou trois siècles mentionnant le nom de TNT PN B’L, que l’on traduit habituellement par « Tanit face de Baal ».Son attestation constante avec Baâl Hammoun ne signifie pas nécessairement qu’elle ait été l’épouse de ce dieu, mais plutôt comme sa parèdre qui le faisait renaître périodiquement, d’une terre revigorée.
Tanit a été adorée comme étant une mère féconde puisqu’au milieu d’un certain nombre de stèles, une colonne dressée porte une grenade, emblème de fécondité, dont les flancs renferment des pépins.
Le symbole divin que l’on appelle le signe de Tanit offre, à sa partie supérieure, soit un cercle dont la nature est encore discutée, soit moins souvent un croissant lunaire retourné.

Melqart :

MLQRT signifie en phénicien « roi de la ville », dont le culte s’inscrivait dans une symbolique du pouvoir royal.
Les sources anciennes précisent que les colons phéniciens ont amené des reliques de Melqart et fondèrent, à peine arrivés à Carthage, un sanctuaire, sans doute pour favoriser les contacts avec les autochtones.
Le Melqart adoré dans la grande ville africaine n’était sans doute pas différent du Melqart de Tyr.
L’iconographie de Melqart à Carthage est représentative de la tradition orientale ainsi que les adaptations que l’hellénisme a introduit avec l’assimilation de Melqart à Héraclès. Ainsi, des hachettes-rasoirs présentent-elles Melqart debout sur une sorte de podium qui surmonte lui même une fleur de lotus. Il est coiffé d’une tiare ou d’un bonnet conique, portant un long vêtement fendu en tenant de la main droite une « hache fenestrée » qui repose sur son épaule.


Eshmoun / `SMN : dieu de la médecine

Il était l’un des principaux dieux de Carthage ; une inscription découverte à Carthage mentionne son temple qui se trouvait vraisemblance au sommet de la colline de Byrsa.
Ce dieu est identifié avec Esculape.

V- L’économie:


1-Le commerce :

Carthage, fut, avant tout, un empire maritime à vocation commerciale.
Héritiers des phéniciens, les carthaginois s’adonnèrent surtout au commerce maritime dans tout le bassin méditerranéen en profitant de la position géographique de leur capitale .
Les produits exportés, étaient, essentiellement, les esclaves, les matières premières, l’huile d’olives et le vin.

2-L’agriculture :

Ce n’est qu’à partir de la défaite d’Himère en 480 av. J.-C. contre les grecs en Sicile, que les Magonides se retournèrent vers l’arrière-pays africain, et s’adonnèrent à l’agriculture, avec succès.
Des traités d’agronomie ont été composés par des carthaginois, parmi lesquels, ont peut citer ceux d’Hamilcar et de Magon. La réputation de ce dernier selon Varron, dépassa celle de tous les grecs qui avaient écrit sur le même domaine.
Les carthaginois étaient connus surtout par la culture des céréales, les cultures arbustives, notamment, la viniculture et l’oléiculture ce que confirme la découverte de plusieurs amphores commerciales à vin ou à huile.

3-L’industrie et l’artisanat :


La céramique :

La céramique carthaginoise qui s’est inspirée de la céramique phénicienne archaïque est revêtue d’un engobe rouge plus au moins violacé, lustré au lissoir.
A partir du VI eme av.J.-C, la céramique punique tend à devenir plus achrome.
Le décor généralement modeste consiste soit en zones revêtues du même engobe rouge-violacé; soit en ornements peints en brun, en rouge ou en violacé sur le fond achrome des vases surtout au V eme –III av J-C.
Au III-II eme av.J.-C, on assiste à un décor imprimé avec une certaine abondance, ou bien découpé et ajouré par enlèvement de l’argile encore molle.

- La céramique à vernis noir :

Les potiers grecs couvraient leurs vases d’un vernis noir résultant de la cuisson en atmosphère réductrice d’une dilution d’argile fine. Les carthaginois adoptèrent ce procédé à partir du V eme et surtout du III eme av .J .-C , imitant les productions grecques et italiennes.
Au III e et II e siècles av .J .-C, Carthage fabriqua une céramique à vernis noir qui se caractérise par sa pâte beige- jaunâtre très pâle, son vernis franchement noir avec un décor incisé, peint surtout imprimés(rosettes, palmettes). On placera dans cette catégorie les « vases-biberons » à vernis noirs, dotés de tubes verseurs, typiquement puniques.

-Les amphores commerciales :

Les amphores commerciales fabriquées à Carthage et sur son territoire servaient à l’emballage des productions locales : denrées agricoles ou produits de la pêche, pour la consommation sur place ou pour l’exportation. Elles se caractérisent par une panse cylindrique plaquée dans sa partie haute par des petites anses.

-Les lampes :

L’objet le plus emblématique de la poterie Carthaginoise est la lampe-coquille, patère au bord replié et pincé en trois endroits pour former deux becs –d’où sa désignation « lampe écuelle ou de lampe-coquille ». Au fil des siècles, elle va se replier, jusqu’à se renfermer complètement à l’époque de la destruction de Carthage (146 av.J.-C).

-La métallurgie :

L’historiographie antique n’a pas négligé d’évoquer ce sujet. Pour Thucydide, les Carthaginois « ont en abondance de l’or et de l’argent »
Diodore de Sicile quant à lui, parle des tabernacles dans les sanctuaires de Carthage. De son côté, Appien, évoque des statues et des parois murales revêtues de plaques d’or.
D’après Pline l’Ancien, des lambris dorés ont été vus pour la première fois à Rome, dans le capitole, après la destruction de Carthage. Les sources anciennes parlent aussi des riches Carthaginois qui possédaient une vaisselle d’or et d’argent. Tite Live raconte que Hasdrubal, le frère d’Hannibal, possédait un écu en argent. Selon Pline, il est en or et pèse 137 livres, soit environ 45 kg sur lequel on voyait son portrait
La découverte des ateliers métallurgiques sur les flancs de la colline de Byrsa confirme que cette activité n’était pas étrange aux carthaginois. Ils réduisaient le cuivre et surtout le fer dans de petits bas-foyers en argile assez semblables aux fours traditionnels tunisiens (tabouna).

-La pâte de verre :

Comme le laisse croire les découvertes effectuées dans les nécropoles ou dans différents quartiers où l’activité artisanale a laissé des témoignages matériels, l’industrie du verre semble avoir été omniprésente dans la vie des Carthaginois :
1-La femme recevait des fioles en verre destinées à la conservation des parfums et autres produits d’esthétique.
2-Le maître verrier confectionnait des amulettes représentant des personnages d’un aspect caricatural dont la valeur est magico -religieuse.
3-La pâte de verre a été utilisée dans la décoration des sols des habitations puniques.

-La sculpture :

Les auteurs anciens comme Tite-Live, Pline, Appien, signalent la présence de statues à Carthage ; elles furent enlevées par Scipion Emilien et envoyés à Rome. Les unes se trouvaient dans des édifices publics ; d’autres conservées par des privées.
De riches Carthaginois semblent avoir possédé des statues à l’instar d’Hannibal dont la collection était célèbre. Il détenait un bronze de Lysippe : qui est une statuette d’Héraclès, un surtout de table, dont on parlait encore du temps de l’empereur Domitien, d’après un témoignage de Stace et de Martial (poètes latins du I er siècle).
Il faut mentionner encore les célèbres sarcophages à pseudo-gisants, découverts par le Père Delattre, dans les tombes de la nécropole de Sainte Monique actuellement conservés au musée de Carthage.
Concernant les stèles, la gravure sur pierre était largement connue à Carthage. Le travail exécuté en méplat ou en relief se détachant à peine du support. La technique du méplat semble avoir été parfaitement maîtrisée, comme sur la stèle dite des échassiers qui constitue l’une des meilleures réussites de la sculpture punique.

-La bijouterie :

La bijouterie punique constituait un secteur important et très diversifié. Elle occupait une place considérable dans l’économie des cités puniques, notamment Carthage.
Étant liée à des domaines divers, elle alimentait le commerce, la vie quotidienne, ainsi que le monde sacré et funéraire. Ce type d’artisanat est intimement lié au travail des métaux dont on a pu déceler les différentes spécialités grâce aux stèles inscrites du tophet.
Bodashtart, fils de Moceph se disait « nosek harous » littéralement « fondeur d’or ». Il convient d’y reconnaître un bijoutier. Le neveu de Bodashtart était, lui aussi, « fondeur d’or » ; il s’appelait Arish, fils Yathonbaal fils de Moceph.
Pour désigner l’or, les Puniques semblent avoir le plus souvent utilisé le terme « harous », mais le mot « Sahab » est également attesté.
Pour la confection de leurs bijoux, les Carthaginois ont eu recours aux métaux : l’or, l’argent, le plomb, le fer, le cuivre, le bronze…Ils ont en outre, utilisé la pierre fine ; comme l’hyacinthe, la turquoise, l’agate, l’ambre, le lapis-lazuli, l’améthyste, le grenat, la cornaline, le porphyre, le quartz, le cristal de roche.
Sur les flancs de Byrsa, les archéologues ont découvert pas moins de 13 kilos d’éclats de cornaline de qualités diverses, ainsi que des fragments d’obsidienne et de petits rameaux de corail. Parmi les éclats de cornaline découverts on a pu remarquer l’existence de perles fusiformes déjà manufacturées percées d’un trou d’enfilage, mais abandonnées en cours du polissage.

7- Les personnages symboles :

-Amilcar Barca :

Le stratège et homme politique, né autour de 280 avant J.-C, Amilcar Barca est issu d'une famille illustre de Carthage. Au cours de la première guerre punique (264-241 avant J.-C), il apparut comme l'un des principaux chefs de guerre.
Après la victoire de Rome, au large des îles Aegates (Sicile) en 241 avant J.-C, il reçut mission de négocier la paix avec l'adversaire. De retour à Carthage, il assuma le commandement des troupes carthaginoises contre les mercenaires révoltés qui, pendant trois longues années (240-237 avant J.-C), constituèrent pour la métropole punique un danger mortel. En les écrasant, au terme d'une lutte acharnée, Amilcar sauva Carthage.
Avec l'accord du pouvoir, il se rendit en Espagne, accompagné de son fils Hannibal et son gendre Asdrubal, dans l'intention d'y réactiver les vieilles fondations. Grâce à cette politique du général barcide, la métropole put compenser la perte de la Sicile et de la Sardaigne, refaire ses forces et payer le tribut de guerre imposé par la Rome victorieuse.
Malgré des succès diplomatiques et militaires, Amilcar a du lutter contre la résistance farouche des Ibères. Au cours d'une campagne de pacification, il se noya dans le Jucar ; c'était en 228 avant J.-C.

-Hannibal :

Hannibal est Né à Carthage vers 246 avant J. –C. À neuf ans, il accompagna son père, Amilcar Barca en Espagne et aurait prêté, à cette occasion, le serment de « hair » Rome.
Au cours de la deuxième guerre punique, 218-201 avant J.-C, il emporta d'éclatantes victoires. De retour en Afrique où il établit son camp au Sahel actuel, il rencontra Scipion à Zama ; c'était en 201 avant J.-C. L'armée romaine dut sa victoire au concours de la cavalerie numide commandée par Massinissa, un prince ambitieux en quête d'un royaume.
En 196 avant J.-C, Hannibal se fit élire suffète à Carthage. Par son génie et l'ambition qu'il avait pour Carthage et le monde méditerranéen, Hannibal gênait les magistraux ; il dut prendre le chemin de l'exil en 195 avant J.-C. Il se donna la mort en absorbant le venin soigneusement conservé dans le chaton de sa bague.

-Magon :

Le traité agronomique de Magon constitue dans le domaine de l’agriculture antique le témoignage le plus éloquent. Son traité d’agronomie composé de 28 livres survécut à la destruction de Carthage : le sénat romain le fit traduire en latin. Une traduction grecque abrégée en 20 livres, avait été aussi établie par Cassius Dionysius d’Utique en 88 av.J.-C. Si ces traductions sont perdues, il nous en reste des extraits touchant à l’agriculture, à l’arboriculture, domaine où l’influence punique fut déterminante, ainsi qu’à la gestion des domaines. Ces extraits ont inspiré plusieurs auteurs latins dont Varron et Columelle, qui considérait Magon comme « le père de la science rurale ».

-Hannon et Himilcon :

Deux explorateurs qui ont dépassé les limites du monde ancien : Hannon a entouré la côte atlantique de l'Afrique et atteint le Cameroun ; Himilcon a navigué sur les côtes occidentales de l'Europe, touchant peut-être la Cornouailles et l'Irlande.

CARTHAGE ROMAINE : Colonia Julia Karthago

Carthage renaît de ses cendres
Carthage capitale de la province Africa

- 698 Prise de Carthage par Hassan Ibn Nooman (un général arabe …)

 

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